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« L'Appel du Net sur Europ' | Accueil | Voter Bayrou, se faire plaisir... »

07/03/2007

Commentaires

Charles

Des grands travaux pour "qu’on se « sente » tous européens, au fond des tripes" ?

Les grands travaux sont une nécessité économique avant tout. Thalys, Eurostar, Lyon-Turin : les réalisations et projets existent. Les réalisations économiques (l'Europe du bien-être) sont une nécessité préalable à la pose de toute pierre "sentimentale", civique, communautaire : pour qu'on aie envie de s'établir en tant que peuple européen, il faut que notre rassemblement serve les intérêts matériels de tous. Il y a du boulot à ce niveau, surtout en France, c'est évident. Mais ce n'est pas ce qui créera une conscience européenne, l'Europe des tripes.

Selon moi, nous sommes aujourd'hui à un tournant : l'Europe par les échanges éco et la mise en commun des intérêts stratégiques (CECA, CEA, CEE, UE, monnaie unique) n'a pas créé de sentiment européen. Alors que c'était l'objectif affiché des pères fondateurs.
Ton idée des grands travaux est encore une illustration du postulat matérialiste de ces pères fondateurs, qui est encore celui de "l'Europe par la preuve" ségoléniste : l'Europe vue uniquement comme une communauté d'intérêts matériels, et pas comme, aussi, un rêve en marche.

Il est temps d'agir pour que l'Europe signifie quelque chose au niveau des peuples eux-mêmes, de leurs consciences. La libre circulation, de ce point de vue, a "juste" fait sauter les verrous.

La citoyenneté européenne du traité de Maastricht permet de voter aux élections locales. C'est un infime début.

Il faudrait avant tout que nos candidats majeurs en aient quelquechose à f... de l'Europe et de la belle utopie qui préside à sa création. Exemple : le service civique. Il existe au niveau européen et ceux qui l'ont fait en sortent européens jusqu'au bout des doigts. Pourtant, il est extrêmement marginal. Et même Bayrou, candidat de l'européiste UDF, n'évoque que comme un point de détail (dans sa proposition sur bayrou.fr) la dimension européenne. Royal non plus, évidemment.
C'est affligeant.

Maintenant, rendons Erasmus systématique ; donnons aussi systématiquement une dimension européenne au service civique voire, soyons fous, aux services publics. Etablissons des listes européennes aux élections européennes, qui doivent avoir toutes lieu au même moment, dans des circonscriptions définies par l'UE (pourquoi pas des circonscriptions transfrontalières?). Créons un referendum d'initiative populaire européen. Créons des jurys européens dans des cours d'assises européennes pour les crimes à dimension communautaire. Abandonnons notre obsession de la francophonie pour faire avancer l'Europe.

Soyons des Newropeans.

[Finalement, la question est la même que pour la construction de la nation : l'Etat, lorsque c'est lui qui a forgé la Nation, a du s'appuyer sur des mythes (cf Imagined Communities, de Benedict Anderson) ; la religion a été un mythe puissant, l'idéal civique révolutionnaire aussi. L'Europe, si elle ne veut pas se référer à la religion pour se constituer en communauté "chaude", doit poursuivre un idéal revendiqué. Le brassage, le métissage...
Je crois que la France, pour pouvoir de nouveau se placer sur ce terrain -et arrêter par exemple de se crisper sur la francophonie, doit d'abord retrouver un élan.]

Sebd

Et qui financera ces grands travaux ?

Le privé n'ira pas et attendra que les états veuille bien se substituer à eux pour ensuite en prendre concession.

Une excellente idée pour baisser la dette des entreprises et augmenter celle des états. CQFD

Verel

Plusieurs remarques
1) je ne vois pas l'interet de faire des actions (par exemple des travaux) pour valoriser l'Europe : on fait au niveau européen ce qui est utile à ce niveau et surtout pas plus: cela s'appelle le principe de subsidiarité
2) sur la part du transport routier dans le fret, n'oubions pas qu'une grande partie de celui ci se fait sur de courtes distances
3) sur la construction de lignes comme Lyon Turin, je ne suis pas sur que mettre Bruxelles dans le coup soit plus astucieux que de laisser Paris et Rome se mettre d'accord. Après tout Thalis a t il eu besoin de l'UE, en dehors des aspects normes et cadres de travail ?
4) oui, 1000 fois oui à des projets comme Erasmus ou l'idée de faire des listes européennes. Le sentiment d'appartenance il vient de là, et il permet ensuite de trouver légitime le rôle de l'Europe sur les sujets qui ne se traitent bien qu'à ce niveau

Charles

Exactement, Verel : il faut renverser le projet, le sentiment d'appartenance ne viendra pas d'éléments strictement matériels. La représentation, c'est de l'identité.

Ds

Est-ci le develo^ppement durable c'etait d'abord de limiter les equipements destructeurs et couteux, d'utiliser mieux ce qui existe et de laisser la vallée de Suze tranquille. Il n'y a pas pire gaspillage d'énergie que de couler du beton et poser des ferrailles la ou existe déja des équipements sous utilisés. Halte au massacre des campagnes européennes.

Bruno B

Bonjour je crois que l'Europe n'avancera pas sans poser clairement la question de ses institutions.

Je crois qu'il faut faire le constat de sa difficulté actuelle à faire face aux enjeux et poser la question du modèle européen de façon claire. Et certainement pas dans les termes du dernier référendum !

jérôme

Les propositions de Charles sont excellentes (service civique, erasmus, referendum). Plus il y aura d'initiatives européennes qui touchent les citoyens, plus le sentiment européen progressera. Il faut que l'Europe se saisissent de ces sujets, qu'elle fixe les objectifs, qu'elle coordonne, qu'elle communique.
Aujourd'hui l'Europe est devenue technocratique ce qui est loin du postulat matérialiste des pères fondateurs cher à Charles. Et je crois qu'en se saisissant d'un sujet comme le ferroutage qui touche à l'environnement, la sécurité routière, l'énergie, etc... cela dépasse la communauté d'intérêt mais promeut un modèle de société : transformer un pan de la société (le transport de fret) sur un continent donne un message clair à tous. Et quand vous aurez 5 fois moins de camions sur la route, ça parlera !
@ Verel point 2 : si c'est comme ça aujourd'hui, il ne faut surtout pas que ça change !!! on se demande pourquoi on a tous un téléphone portable alors que personne n'en avait il y a 10 ans. L'innovation, la technologie, la transformation des business modèles, ça existe et tant mieux !! C'est d'ailleurs cela qui est censé nous faire avancer. L'Europe peut faire faire un pas de géant à cette industrie et imposant ce genre de règles.
@verel point 3 : le transport de fret ne se limite pas à la construction des lignes et des infrastructures. En dépassant le cadre national, l'Europe peut normer les containers (comme pour les bateaux au niveau mondial), assurer une libre concurrence sur l'exploitation commerciale, etc... L'Europe stratège et les états gestionnaires (ou les régions).
@Sebd : j'indique 2 pistes. l'une est de transférer une part des investissements autoroutiers nationaux. La seconde est la taxe carbone progressive.

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