C'est nous !

S'inscrire

  • Add to Google
  • Ajouter à Mon Yahoo!
  • Add to Netvibes

TVB 2007

  • Tout va bien TV : placez le curseur sur la vidéo. Cliquez dessus pour la voir (en grand) sur Dailymotion

21/11/2007

Régimes spéciaux, le mot de la fin

Chaque jour qui passe, je m'éloigne des nuances que j'exprimais sur la question des régimes spéciaux.

Chaque jour qui passe, c'est de plus en plus comme ça que je veux que ça termine:

16/10/2007

Sur le cu(mu)l

Cop J'apprends en lisant le Canard enchaîné (du 3 octobre...je suis en Macédoine, les nouvelles y arrivent lentement...) que Jean-François Copé, député, maire de Meaux, président du groupe parlementaire UMP, vient de rejoindre le cabinet d'avocats Gide Loyrette et Nouel en tant que collaborateur à temps partiel.

Les réactions qu'on peut lire par exemple ici sont mièvres à côté de ce que je ressens. C'est un véritable scandale. Déjà que député et maire (sans compter la charge de travail que représente en principe la présidence d'un groupe parlementaire de la taille de celui de l'UMP) justifieraient chacun un emploi à plein temps...

Un vrai scandale : dilution des responsabilités, grave gaspillage de l'argent  du contribuable, collusion...

Il faut vraiment supprimer le cumul des mandats. Etre extrêmement sévère à l'endroit d'abus manifestes comme celui-ci. Et imaginer la France d'après...

Et entarter Jean-François Copé.

11/10/2007

Pourquoi la France n'a-t-elle pas confiance?

Confiancemenprotect_40 La France se situe tout en bas des classements internationaux relatifs à la confiance envers autrui, dans les conditions du succès dans la société et dans les institutions du pays.

Le blog d'un économiste du travail relatait récemment les enseignements d'un colloque organisé par le Cepremap et Daniel Cohen: un travail intitulé "La société de défiance : comment le modèle social français s'autodétruit ?" y était présenté. Il raconte aussi les éléments essentiels de la discussion qui a suivie, menée par Olivier Blanchard (MIT) et Pierre Rosanvallon (Collège de France).

On apprend par exemple que plus d'un Français sur deux considère qu'il est nécessaire d'être corrompu pour arriver au sommet ; seuls la Russie, la Pologne et le Japon font pire !54% des Français déclarent n'avoir pas confiance en la justice...

Surtout, selon les auteurs, c'est la construction d'un modèle social assis sur le statut et le particularisme qui serait responsable de cette méfiance, en partie en raison des jalousies que ces particularisme sociaux suscitent. Ainsi, il faudrait réformer en profondeur notre modèle social en favorisant une redistribution plus universaliste, en ouvrant les secteurs protégés, en supprimant l'oligopole de fait de cinq syndicats... Ceci rejoint exactement les constats et préconisations de Timothy B. Smith dans la France injuste (très bonne synthèse par Pierre Bilger ici). Quand on pense que l'universalisme (c'est-à-dire l'équité) était précisément le but recherché par la réforme Juppé des retraites et qui a précipité sa chute...

Lisez-le, c'est vraiment instructif, ça ouvre beaucoup de pistes de réflexion. 

19/07/2007

This is provocation !

Aschieri François Fillon a annoncé mardi soir envisager l'extension du service minimum à l'Education nationale. Xavier Bertrand lui a emboîté le pas. Résultat ? Je vous le donne dans le mille : syndicats et PS s'insurgent contre cette "provocation". Et peu après, Xavier Darcos (Ministre de l'Education nationale) et Laurent Wauquiez (porte-parole du gouvernement) calment le jeu.

Cacophonie (d'après Gilles  Moindrot, secrétaire général du Snuipp-FSU) ? Fillon piqué par la mouche tsé-tsé (selon Luc Bérille, secrétaire général de l'UNSA-Education) ? Certainement pas, à mon avis : plutôt une "habile" répartition des rôles bon flic-mauvais flic. Que fera Sarko -qui a soufflé le chaud et le froid sur le périmêtre d'application du service minimum lors de la campagne et après son élection ?

Lire la suite "This is provocation !" »

15/03/2007

Voter Bayrou, se faire plaisir...

Img_miroir_reve2 Ceci est un post hautement militant, sans recul et qui n'engage que son auteur.

Nous sommes réunis sur ce blog en grande partie parce que nous considérons que la France doit agir sur quelques fondamentaux pour basculer dans la modernité, renouer avec le dynamisme et la solidarité effective et redevenir un moteur du projet européen. L'heure est grave, illustrée par la dette, dont nous avons souvent parlé en ces pages. Le déclin français est la conséquence des non choix que nous avons tous subis depuis 25 ans. 

Nous avons notamment créé ce blog pour que ces chantiers fondamentaux, trop longtemps repoussés, soient enfin traités par le prochain gouvernement. Pour ce faire, celui-ci devra avoir reçu un mandat clair du peule français (raison pour laquelle je me suis joins à l'Appel du Net). 

Et pourtant, la vague actuelle semble voir beaucoup de monde emporté par une vague romantico-nihiliste, une volonté de tout foutre en l’air, de faire un bras d’honneur à tous ces pourris. Un fuck off punk ou woodstockien acceptable par les mamies et les Hubert-Valéry ducs de Montmorency.

Si Koz le bien élevé est sceptique, je commence à passablement m'irriter. Si le vulgus pecum a bien le droit de croire à des sornettes, les jours et les échanges qui passent semblent montrer que certains s'intéressent à la politique plus pour se rassurer dans une aventure apparemment paisible, pour faire plaisir à leur intellect ou leur image d'eux-mêmes que par souci du bien commun et de l'avenir de notre pays...

Lire la suite "Voter Bayrou, se faire plaisir..." »

28/02/2007

Combien ça coûte (une mesure électorale)?

070218_ccc_copy

TF1 inspirerait-il à ce point la campagne électorale de 2007? Combien valent des promesses de droite? 50 milliards? Non 35 milliards estime lui-même Nicolas Sarkozy. Et celles de gauche? 50 milliards aussi: un partout, la balle au centre, lequel n’a pas encore émis ses promesses de campagne.

Le débat sur l’estimation des programmes n’a jamais été autant d’actualité que cette année. Dans la foulée du rapport sur la dette de Michel Pébereau, l’Institut de l’Entreprise avait décidé de chiffrer les programmes de la campagne présidentielle et d’engager le débat.

Prenons un exemple dans le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal, la proposition n°32: "Créer une allocation autonomie pour les jeunes sous condition de ressources avec un contrat pour faciliter les études et l’entrée dans la vie active".

Débat2007 évalue le coût de cette mesure à 3 Md€ minimum et indique une fourchette haute de 10 Md€. Cette évaluation indépendante est tout à fait salutaire puisqu’elle permet d’établir une référence pour le débat. En l’occurrence, elle ne semble pas prendre en compte l’idée d’une contrepartie.

Lors de son discours à Villepinte, cette proposition avait été présentée en ces termes: "Je m'engage, pour les jeunes sans ressources et qui vivent, de plus en plus nombreux, dans la précarité, je m'engage à créer une allocation d'autonomie et d'entrée dans la vie active (ndla : à ces mots, l’assemblée est en liesse, surtout sur la gauche où se trouvent les jeunes de la Ségosphère et du MJS) ; laquelle allocation leur sera versée en contrepartie d'une obligation de formation sérieuse, d'une recherche active d'emploi et, pour les étudiants, dans le cadre de l’émergence d’une société solidaire, d'heures de soutien scolaire auprès d'élèves en difficulté qui seront validés dans les UV universitaires (ndla : applaudissements…)."

Souvenons-nous : lorsque Michel Rocard avait mis en place le RMI en 1988, il affirmait déjà qu’il devait "être étroitement lié à un effort d'insertion". En termes chiffrés, nous connaissons le résultat:

070217_rmi_1

Ce qui amène d’ailleurs aujourd’hui Ségolène Royal à "encourager, enfin, le passage du RMI au travail" en donnant "raison à ceux qui, comme l'association Emmaüs, demandent depuis longtemps la création d'un Revenu de Solidarité Active".

Qu’en serait-il donc de cette nouvelle allocation d’autonomie, puisque "chaque nouveau droit devrait aller de pair avec des devoirs"? Le versement de l’allocation serait-il suspendu si, par exemple, l’allocataire étudiant ne dispensait pas ses heures de soutien scolaire? Ou si sa prestation n’apportait rien à l’élève en difficulté? Le professeur en charge de valider l’UV universitaire en assurerait-il le contrôle? Hum hum… le diable est dans les détails.

J’applaudirais le rétablissement d’une forme de méritocratie mais j’en doute.

Pas simple de chiffrer une telle mesure tant son coût dépendra de sa mise en œuvre. Il est toutefois évident que si, comme l’annonce Ségolène Royal, devoirs et droits devaient aller de pair, le coût de cette allocation serait bien mieux maîtrisé et l’allocataire moins incité à s’enfermer dans la précarité. Serait-ce ça un "cercle vertueux"?

Vous en voulez un vicieux? Regarder la mesure n°30: "Adopter une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens de l’excellence. En 5 ans, la dépense par étudiant sera portée au même niveau que la moyenne des pays de l’OCDE". Serait-on à ce point sans idée et projet que le seul qui reste soit de simplement dépenser plus?!

12/02/2007

Moderniser le PS et la France

Cimg3015_xs Nous avons la gauche la plus ringarde d'Europe et Ségolène Royal essaie de la révolutionner. Ou du moins le parti socialiste, et, que l'on soit de gauche, du centre, de droite ou d’ailleurs, moderniser le discours politique de gauche en France est essentiel pour l’évolution de notre pays.

Je ne suis pas « partisan », au sens où je ne suis pas affilié à un parti politique et que je ne me reconnais pas dans les caricatures tout blanc versus tout noir qui font la vie politique en France. Je ne suis pas non plus spécialement socialiste.

Toutefois par curiosité, je suis allé faire un tour au meeting de Villepinte pour voir ce qu’il s’y disait et en profiter d’ailleurs pour comparer le discours brut avec ce qu’on en dit; puisque « les média sont inféodés au grand capital! » ;-)

Après une petite intro un peu larmoyante sur le thème des femmes battues (je ne veux pas dire que le sujet n’est pas digne d’intérêt, mais je ne vois pas que ce soit le rôle d’une Présidente de la République de régler les problèmes de couple de 10% des Français), son discours s’est orienté en premier lieu sur l’économie et la réforme de l’Etat, avant le social.

Alors qu’il y a deux jours elle venait d’effectuer un début de virage « à-gauche-toute », je craignais le pire. Quelle bonne surprise de constater avec quel courage elle a tenu ferme sur ces idées déjà essaimées lors de sa campagne, alternant adroitement entre propositions et citations extraites de ces débats participatifs. Voilà mes morceaux choisis:

La dette

« Et c'est pourquoi j'ai décidé de vous parler en premier de notre situation économique et, en particulier, du problème de la dette. La dette publique est devenue insoutenable. Elle représente 64% du PIB et 18 000 euros par Français. Les intérêts qu'elle génère sont devenus à eux seuls la 2ème dépense du budget de la Nation. »

L’économie de marché

« Nous avons les moyens de relancer la croissance et la machine économique. Je veux réconcilier les Français avec l'entreprise pour sortir la France des déficits et accomplir des progrès sociaux dont nous avons besoin. […] Eh bien je suis reconnaissante à ces entrepreneurs du risque qu'ils prennent et qui permet de créer, chaque année, les emplois que la mondialisation financière déplace. […] Et je m'engage aujourd'hui, devant vous, à tout faire pour soutenir leur effort et pour créer l'environnement dont elles ont besoin et qu'elles méritent. »

(On est loin du spectre de l’économie administrée ou de la décroissance…)

La réforme de l’Etat

« Les Français, je l'ai également compris, aspirent à voir l'Etat réformer profondément sa gestion pour dégager des économies et donc des marges d'action. Sans doute cette réforme sera-t-elle, chez nous, plus difficile à mener qu'ailleurs. Car la France, n'est-ce pas, s'est constituée autour de son Etat central!

Car il fut, cet Etat, partie prenante à sa construction, sa puissance, sa grandeur! Mais nous devons agir. Nous avons un Etat qui est devenu beaucoup trop lourd. Nous avons trop ministères. Nous avons des ministères qui ont, en dix ans, changé huit fois de périmètres et donc de dénominations avec toutes les dépenses inutiles, toutes les pertes d'efficacité, que cela suppose.

Il faut réformer tout cela. Il faut alléger le poids de nos administrations. Il faut les mettre au service des citoyens alors que, trop souvent, les citoyens ont le sentiment d'être le jouet des administrations. Il faut soulager des administrations centrales qui s'épuisent à gérer des personnels répartis sur le territoire et des crédits de toutes sortes.

Il faut en finir avec cette lourdeur de l'Etat central qui engendre toujours plus de textes législatifs ou réglementaires – et des textes qui, bien souvent, sont à la fois illisibles et inutiles. Les fonctionnaires en sont les premières victimes lorsqu'ils s'épuisent en réunions stériles au lieu de donner l'impulsion et la créativité dont ils sont porteurs et qui sont leur vraie vocation. »

(bein mazette, devant un tel parterre, c’est déjà pas mal)

Et pour finir, quelques mots sur l’enseignement supérieur

« La société de la connaissance exigeant un investissement massif dans l'Université et la recherche, je veillerai à renforcer l'autonomie des universités dans le cadre national et je les encouragerai à se regrouper entre régions pour atteindre une taille comparable à celle des grandes universités du monde. »

(si si, l’autonomie des universités!)

En passant, pas une allusion sur son programme économique sur le site de tf1; ni au 20h00 de TF1 (je n’ai pas pu voir sur France Télévision) ; juste une liste de mesures dans le grand classique socialo qui accrédite la « litanie des dépenses » dénoncées par ailleurs. Sans doute devra-t-elle marteler son message si elle veut être entendu sur ces points…

Enfin juste un petit détail croustillant à deux balles: au premier rang, les éléphants, comme on dit, étaient alignés. Lorsque le volume des applaudissements était trop élevé, Fabius se résignait à apporter sa contribution. Il n’était vraiment pas à la fête.

Reste seulement que si elle échoue, la gauche du parti, Fabius en tête, et la gauche de la gauche lui tomberont dessus. On refera le grand soir et la France n’y gagnera pas en réflexion politique, ni dans sa capacité à se réformer. Pourquoi devrions-nous être le seul pays d’Europe à ne pas faire sa révolution sociale démocrate?

Hein… quoi? Est-ce que j’insinuerais qu’il faudrait que Ségolène gagne pour faire progresser la France?

25/01/2007

Christian Blanc soutient Sarkozy

Cb Sarko_1Christian Blanc annonce aujourd'hui, dans le Figaro, son soutien à Nicolas Sarkozy. Alain Lambert l'en félicite.

Il donne des explications supplémentaires sur le site d'Energies2007. Qui pèseront apparemment dans la réflexion de certains.

D'autres, notamment sensibles au positionnement et aux postures de Bayrou ou séduits par la virginité seront déçus. Ailleurs, on déplorera peut-être l'"abandon" du chantier démocratique. Pas moi.

Lire la suite "Christian Blanc soutient Sarkozy" »

19/12/2006

La bataille de la crédibilité...

Seinebaignade_2 Dans 2 ans, c'est promis, il n'y aura plus un seul clochard sale! Eh oui, car dans 2 ans, ils se baignent gratos dans la Seine. Tu quoque, fili mi...
Cette sortie de Sarko hier soir (en réalité : "si je suis élu, j'aurai relogé tous les SDF en 2 ans") m'a déprimé. Sans compter l'attaque envers la BCE (tiens, Alain Lambert n'a pas été aussi prompt à réagir que la  fois dernière...). Le moulin à promesses est lancé...

Ceci me rappelle un billet de François Fillon au titre évocateur : La bataille de la crédibilité. Je m'y ruais avec appétit, car c'est bien le drame principal de la politique française : les dirigeants ont perdu toute crédibilité. A ma grande désolation, François Fillon nous servait un plat de suffisance ("Certains ont démontré leur aptitude à tenir leurs engagements [...] et leur courage politique. C’est le cas de Nicolas Sarkozy". Des arguments, please, Monsieur Fillon) agrémenté de sauce béarnaise old school : seul le changement institutionnel permettrait de gagner la bataille de la crédibilité.  Et Guy Carcassonne président ?

Le même François Fillon s'empressait, lundi, de tailler un tailleur à Royal pour le vide de sa prestation dans Ripostes. A juste titre : creux, banalités, valeurs aujourd'hui consensuelles, absurdités économiques et saillies populistes ("oui, certains salaires sont des incitations à la violence"...poussez le raisonnement et voyez où il vous mène), tout un programme... Au sujet de cette émission, de nombreux commentaires :

Et certainement en plein d'autres endroits.

Ce qui me turlupine, c'est que la droite ne pourra longtemps se contenter de relever le creux et les contradictions de Ségolène Royal. Son programme arrivera, en temps et en heure, remontant des régions et des équipes du PS (notamment, certainement, l'armada de DSK en ce qui concerne l'innovation, la recherche et l'économie . Même si certains paraissent un peu accuser le coup...).

Et Sarko qui semble continuer de brasser à tout va... Ca me déprime et ça m'énerve. Non militant, ayant voté à droite, à gauche, au centre et écolo, je n'ai pas de parti pris. Ma voix ira à celui qui aura tenu un langage de vérité. Mais qui, aujourd'hui?
Qui arrêtera de prendre les Français pour des cons qui gobent tout?
Qui cessera de tout promettre, pour proposer quelques axes forts, concrets, structurants ?
Qui sera suffisamment confiant et convaincu de la nécessité des réformes pour tout mettre sur la table avant, afin de bénéficier d'une légitimité suffisante pour les mener à bien?
Qui croira suffisamment en la nécessité de la politique pour ne pas risquer de trahir une nouvelle fois l'élan de foi en un renouvellement qu'il aura suscité?

Qui lira ça ("Il y a des banlieues beaucoup plus pourries en Europe [...], et c'est ici que cela explose. C'est bizarre. Peut-être que cela n'est pas lié au niveau de misère, mais plutôt à ce que l'Etat promet aux gens? La France veut toujours être gentille, elle fait plein de promesses, non? Les autres pays ne promettent rien, alors les gens des banlieues n'attendent rien et se débrouillent, sans se révolter") et en tirera toutes les conséquences ?

Qui viendra nous expliquer quelles sont ses priorités, quel est son cap, pour quel but il veut mener tel ensemble de réformes? Qui viendra nous dire, au-delà des slogans, que tout peut redevenir possible -si nous nous retroussons les manches pour sortir de nos conservatismes de tous poils ?

Christian Blanc était, lundi, interviewé par le Bondy-Blog (interview reproduite ci-dessous). A lire les commentaires, c'est d'un homme de cette trempe, qui parle honnêtement sans brader les valeurs républicaines, qui propose des changements forts sans faire croire que chacun peut rester passivement à attendre que l'Etat se réforme, dont la France a besoin...et qu'elle réclame.

Voilà une voie dont nous devons fortement nous inspirer, une voix qui doit porter...

Mais le mieux est de juger par vous même la différence entre... :

- les postures de Segolène Royal...

- et la vision, précise, de Christian Blanc (cliquez sur "lire la suite")...

Lire la suite "La bataille de la crédibilité..." »

14/12/2006

Cumuloscopie suite : 3 propositions pour en finir !

Assemblee Pour faire suite au « Petit traité de cumuloscopie » et aux nombreuses réactions qu’il a suscitées (tant mieux), il m’a paru judicieux d’apporter trois propositions concrètes (et volontairement ouvertes) sur ce sujet plutôt que d’alimenter le débat de la critique : Simplification de l’organisation politico administrative, impossibilité de cumuler des mandats rémunérés ou exécutifs, meilleure représentation des citoyens dans les assemblées. A mon sens, elles offrent l’opportunité aux femmes et hommes politiques de retrouver la confiance des citoyens que nous sommes et donc de leur faire retrouver le chemin de l’intérêt général et de porter les réformes structurelles dont le pays a besoin. Alors le débat « constructif » est ouvert !

 

 

1. Simplifier l’organisation politico administrative.

Les objectives sont multiples : assurer la transparence des responsabilités de chaque « niveau » et donc leur accessibilité par les citoyens (savoir qui fait quoi et où je m’adresse), permettre une fiscalité autonome (dans un cadre national réglementé, non traité dans cet article) de ces différentes entités et supprimer les financements croisés généralisés, pour finalement effectuer une vraie décentralisation.

Je propose donc tout d’abord de fixer 3 niveaux politico administratifs sans débattre ici des compétences de chacun : national, régional, local. Cela revient donc principalement à supprimer le niveau départemental (et donc les conseils généraux et services de l’état départementaux qui seraient regroupés au niveau régional) et les regroupements de collectivités locales. Comme indiqué dans mon article Maires en mer, il me semble nécessaire de compléter cette transformation par un regroupement des communes (de 36000 à environ 5000) et éventuellement de certaines régions.

 

2. Limiter strictement le cumul de mandats exécutifs ou rémunérés

Simple. Encore. Impossibilité de cumuler un mandat rémunéré avec tout autre mandat. Impossibilité d’être élu plus de deux fois à un mandat (rémunéré) de même niveau. Cela permet néanmoins à ceux qui voudraient faire carrière en politique de le faire. Le thème de la rémunération nous mène droit à celui du Statut de l’élu : cumul, retour à la vie « citoyenne », démission (je propose ici de rendre inéligible pour au moins la durée d’un mandat toute personne démissionnant de son poste, pour éviter les cas réguliers comme cet été à Bordeaux), retraite, départ de la fonction publique, ... . Sur ce thème complexe, je suis assez pour une sorte de « CDD » avec imposition et avantages sociaux classiques.

 

3. Améliorer la représentation des citoyens dans les assemblées

Les modalités électorales doivent être élaborées pour refléter la population que l’assemblée élue représente et permettre à une majorité de gouverner. Il me semble judicieux de s’affranchir également des magouilles liées au découpage électoral ou accord entre partis. Je propose donc que les élections des députés, conseillers régionaux et municipaux fonctionnent sur le même principe : une élection de liste à deux tours, les 2 listes (et uniquement les 2 listes) arrivant en tête au premier tour se départageant au second tour. La liste gagnante remporte la moitié des sièges. La seconde moitié étant répartie à la proportionnelle entre les listes (y compris la liste gagnante) ayant remportées plus de 5% au premier tour. Reste à intégrer le vote blanc.

Le grand changement serait donc au niveau national où il faudrait également limiter le nombre de députés à 200 environ pour leurs redonner du pouvoir (car 1 député perdu au milieu de 600 c’est assez inoffensif) et en leur attribuant les moyens de travailler réellement. Concernant la rhétorique habituelle sur le « contact avec le terrain » et la possibilité de rencontrer « son » député, il faut effectivement toujours donner du temps aux élus d’aller échanger avec les citoyens. Mais il me semble plus « juste » de donner la possibilité à tous les partis ayant des députés de venir rencontrer les français partout en France que de limiter le contact au seul député de la circonscription. De plus, l’Assemblée Nationale traite d’enjeux nationaux. Et les candidats-députés mélangent souvent allègrement problématiques locales et nationales dans leur campagne. Sachons différencier les problèmes !!

 

Pour conclure, sur la méthode, il est clair que le referendum paraît être la seule issue pour de telles transformations. Pour cela, il faut faire du bruit. Changez2007 peut être une première étape afin de trouver un porte drapeau médiatique. Si vous connaissez un candidat qui supporte ces trois propositions, faites suivre ! Mais avant, débattons !

12/12/2006

Petit traité de cumuloscopie

Cumulimage Les députés français sont majoritairement des cumulards avérés et s’appliquent généralement à repousser toute réforme qui leurs serait fatale. Ce sujet revient régulièrement sur le tapis politique et accouche généralement d’une souris voire d’un mulot. A l’image du « pacte écologique » mais sans sa force médiatique, changez2007.org, une initiative citoyenne (portée par un des membres de ToutVaBien), cherche à nous mobiliser afin d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle. Retour sur ce mal bien français.

 

 

Des arguments massue !

Il est peu de volontaires pour clamer les bienfaits du cumul des mandats. Je n’ai d’ailleurs pas trouvé d’articles allant en ce sens. Il existe bien quelques essais ci et là qui mettent en cause certains aspects de la représentativité, mais, même dans les partis fortement représentés à l’Assemblée Nationale, le discours officiel en convient. Un excellent argumentaire se trouve synthétisé sur le site de changez2007.org qui se propose de recueillir un maximum de signatures afin de changez la règle dès les élections de 2007 : 1 élu = 1 mandat et 2 mandats successifs maximum. On y trouve par exemple l’empêchement du renouvellement de la classe politique, le manque de représentativité de l’Assemblée ou l’affaiblissement du parlement conséquence du travail « à temps partiel » (payé à plein temps) des députés cumulards. Sur ce dernier point, j’ajouterai une démonstration concrète et actuelle. Les critiques envers Nicolas Sarkozy sur le cumul de sa fonction de ministre et sur sa candidature ont été fortement relayées par les médias ou sur les blogs. A l'opposé, personne n’a émis la moindre protestation sur les déplacements de Ségolène Royal en pleine session parlementaire (on discutait du projet de loi sur la sécurité intérieur lors du déplacement au Moyen-Orient). Idem pour Fabius, DSK, Bayrou, Voynet, Buffet. Cela montre clairement le manque d’importance attribué au travail parlementaire (sa réforme est un autre débat). Pour finir, il est bon de noter qu’il s’agit d’un mal bien français, au regard des différents benchmarks qui ont pu être réalisés.

 

Qui sont-ils ces cumulards ?

Quand on veut faire une petite recherche sur le cumul des mandats, le bon côté des choses vient de la transparence : tout se trouve sur le site de l’Assemblée Nationale (Je n'ai pas fait le travail sur le Sénat par respect : les statistiques seraient effrayantes). Mais avec 577 députés, il faut être patient et ... patient (pas le moindre petit tableau de synthèse). Et le résultat ? On retrouve d’abord les quelques chiffres ultra-connus : environ 90% de députés cumulent leur mandat avec au moins un autre (30% avec 2 autres) et les statistiques sont les mêmes quel que soit le sexe ou le parti politique. A noter que les femmes cumulent deux fois moins avec un mandat exécutif et les « super cumulards » sont plus représentés au sein de l’UDF.

Ce qui est d’avantage intéressant, c’est d’analyser le cumul dans le temps appelé renouvellement des mandats. Avec quelques records amusants : Deux députés en sont à leur 10ème mandat et les 2/3 ont déjà été députés ! Ce qui veut dire que seulement 1/3 des sièges est pourvu avec des « novices ». Certains diront que ce n’est pas si mal. Néanmoins quand on pousse un peu plus loin l’analyse et qu’on complète avec l’ensemble des mandats obtenus par nos chers députés, on voit que l’énorme majorité (80%) a eu entre 4 et 10 mandats dont 2 ou 3 de députés sans évoquer les perles. Allez si, pour le plaisir, Mr X. de l’UMP avec ses 26 mandats arrive largement en tête! Pour comparer avec la proposition de changez2007, 70% des députés ont déjà renouveler plus de 2 fois (strictement) un mandat quel qu’il soit. Plus d’une fois sur deux, ce renouvellement généreux concerne une fonction "exécutive" (Maire, Président de Conseil général ou régional, député, sénateur, député européen). Qu’on ne s’étonne pas de l’éloignement des élus avec la réalité de la vie de tous les jours ! La sagesse et l’expérience d’accord mais avec modération !!

 

Et en 2007, ça change ?

Du côté des propositions des principaux candidats ou partis politiques pour 2007, nous allons plutôt être déçus : Seul le PC interdit totalement le cumul et limite le renouvellement à 1 mandat. Le PS suggère 3 mandats exécutifs successifs maximum malgré un livre écrit par un député et préfacé par François Hollande. L’UMP donne des sous aux non cumulards et limite le renouvellement du président de la république (ça c’est de la vraie réforme qui touche tous le monde et dont nous avons manquée !). Côté UDF, seul le mandat de député se verrait affecté du non cumul. Bref, nos élus ne vont pas seuls couper la branche sur laquelle ils sont particulièrement bien assis. Je crois qu’il faut leur donner la scie voire la tronçonneuse. Malheureusement, il n’y a pas de Nicolas Hulot du cumul des mandats. Mais si les citoyens démontrent leur mobilisation, qui sait si le sujet ne s’invitera pas aux débats. Cette pétition apparaît louable dans ce sens.

 

07/12/2006

Christian Blanc : "Le modèle économique français est mort"

Croissancechaoscouv2 C'est le titre d'une interview de Christian Blanc, publiée hier par Metro. Puisque Jérôme évoquait hier le scenario (blanc!) d'une France recomposée et débarassée du chômage, voilà des propos qui montrent que tout est possible si on accepte, au préalable, de regarder la réalité en face et de la présenter sans détours aux Français. Alors, un nouveau modèle d'organisation économique, territoriale, administrative et politique, devra leur être proposé dans un projet global et cohérent.

"La situation de l’économie française vous parait préoccupante ?

Le défaut de croissance, qui dure depuis 20 ans, freine tout développement économique et social. L’impôt sur le revenu ne sert plus qu’à rembourser les intérêts de la dette. C’est le second poste budgétaire français. Jamais depuis la seconde guerre mondiale nous n’avons connu une telle situation! […] Le modèle économique français est mort.


Vous proposez une "méthode Blanc" pour y remédier…

On ne peut pas vivre avec une certaine idée de la France qui ne correspond plus à la réalité. [...] Dans cette France en chute libre, le choix de l’économie de l’innovation s’impose. […] C’est une économie de réactivité dans laquelle ces acteurs ont besoin d’être en contact et de s’accorder une confiance réciproque. Les régions sont pour cela l’échelon le plus adapté. Il est nécessaire d’en finir avec l’organisation jacobine à la française.


Les candidats à la présidentielle vous entendent-ils?

Nicolas Sarkozy a lu mon livre. S’il reste à savoir quelle en sera sa traduction, il est celui qui a donné le plus d’éléments sur sa stratégie. En se fondant sur les dépenses, le programme socialiste a 30 ans d’âge avant de naître. J’espère néanmoins que Ségolène Royal exprimera ses idées sur la régionalisation de l’économie. Pour le moment, François Bayrou n’est encore que dans un positionnement. Mais je leur mettrai une pression terrible. Parce que si ces questions ne sont pas au cœur de la campagne, cela finira par une exclusion sociale généralisée."

[L'intégralité de l'interview ici.]

Evolution_pibfrancedepuis79 L'évolution du PIB français (cf graph ci-contre) est à elle seule une preuve de notre déclin, absolu comme relatif.  Ce n'est pas une question de prestige ou de concours du pays qui aura le plus grand nombre de milliardaires car, comme l'écrit éconoclaste : "Non seulement la stagnation économique a des conséquences sociales très dommageables, mais l'Europe va bientôt être confrontée au vieillissement de la population et à la croissance des dépenses de santé qui seront difficiles à supporter avec une croissance économique trop faible". Puisque c'est la connaissance et l'innovation qui sont les nouveaux moteurs de la croissance des pays développés, prenons en acte et organisons-nous en conséquence !

L'organisation (ultra-centralisée + millefeuille administratif) de notre Etat, outre qu'elle ne fait plus la preuve de son efficacité (cf la dette vs nos performances de croissance, de chômage et d'intégration), est un frein absolu à notre entrée dans l'ère de l'innovation. Elle doit donc être revue en profondeur pour valoriser nos potentiels.

La voix de Christian Blanc, qui pose un diagnostic sans concession tout en proposant des voies à même de nous faire réellement sortir de l'ornière, doit être entendue pour que cette élection ne nous amène pas un(e) nouveau(/elle) Chirac (/raque!). Rien de plus simple.

28/11/2006

Non, non, non à l'amélioration !

Vive_la_greve Pour la 3ème fois depuis juin, les douaniers sont en grêve aujourd'hui. Jeudi, les fonctionnaires des impôts prendront la relève…

A la Douane, c'est un plan de modernisation du secteur des opérations commerciales qui est en jeu. Fermeture de bureaux départementaux, nouvelle répartition des compétences, changement des procédures de contrôle dans les entreprises... « La Douane doit s'adapter à l'environnement international », justifie son directeur général dans Les Echos : les opérations commerciales se concentrant sur des plateformes logistiques et les formalités de dédouanement se dématérialisant, des postes sont devenus tout simplement surabondants.

Autrement dit, en langage syndical : la Douane abandonne ses missions de service public, mais rassurez-vous, Mesdames et Messieurs, la CGT veille au grain : « Nous défendons les missions de la Douane, encore les missions, toujours les missions » , prétend Alain Tocabens, secrétaire national de la CGT-douanes. En effet, nul doute que les syndicalistes n'ont pour seul souci que l'efficacité du recouvrement des recettes fiscales de l'Etat

C'est vrai ça, merde ! Les postiers auraient d'ailleurs aussi dû se mettre en grêve contre l'usage des e-mails dans l'administration. C'est quoi ce non respect des missions de service public, m'enfin?!

Le plus choquant est à suivre : les douaniers se mobilisent alors qu'on leur a proposé une prime d'adaptation à la réforme !, qui pourrait atteindre 3.000 euros par agent et serait cumulable avec l'aide à la mobilité accordée habituellement par le ministère des Finances, laquelle peut aller jusqu'à 13.000 euros. Et pourtant, on sait bien que les fonctionnaires se trouvent dans une situation " légale et réglementaire", qui ne leur donne aucun droit au maintien des acquis… Mais que peut le droit face aux "missions" de la douane…?

Aux Impôts, on se mobilise contre une réforme visant à mettre un terme au critère de l'ancienneté qui prévaut actuellement pour l'affectation des personnels. Or les agents estiment avoir été suffisamment « fragilisés » par les chantiers successifs ouverts depuis 2000. A ce que je sache, ils ont quand même obtenu le report de l'essentiel, comme le rapprochement des Impôts et de la Comptabilité publique ou l'absence de la moindre avancée en matière de retenue à la source.

Pour info, la collecte des impôts en France est l'une des plus coûteuses des pays industrialisés : elle s'élève à 1,6 % du montant des recettes (contre, par exemple, 0,49% aux USA, 0,52 % en Suède ou 0,89 % en Espagne)…

 

Mais jusqu'ici, tout va bien, hein?

17/10/2006

A l'insu de notre plein gré?

Logodette_copie Nous sommes à la mi-octobre. Désormais, et jusqu'au 31 décembre, toutes les dépenses publiques sont financées par l'emprunt. Regardez un peu ça. Flippant, non?

La question de la dette publique est très largement passée sous silence par la classe politique, en particulier par les candidats aux présidentielles. Ses implications pratiques ne sont que rarement évoquées, jamais popularisées. Trop compliqué, laissons la dette aux technos...

Pourtant, il y a un an, la commission Pébereau - à laquelle Christian Blanc participa - remettait son rapport au Ministre des finances. Composée de personnalités de toutes tendances (politiques, fonctionnaires, économistes et journalistes), elle alertait les Français sur la gravité de la situation de nos finances publiques. Le rapport expliquait comment la France en était arrivée là et donnait des pistes concrètes pour en sortir.

Le montant de la dette publique représente actuellement plus de 3 ans de l’ensemble des impôts et plus de 25 ans d’impôts sur le revenu ! Au rythme de 5 Mds €/an (montant des remboursement évoqué pour 2006), sans emprunt supplémentaire et hors intérêts, il faudrait 400 ans à l’Etat pour apurer ses dettes…

GraphevolutiondetteLe paiement des intérêts de la dette est maintenant le deuxième poste budgétaire de l'Etat. Cette situation ne cesse de se dégrader avec les déficits permanents : chaque année, à partir de la mi-octobre, l’Etat emprunte pour régler ses dépenses de fonctionnement. Ainsi, la dette continue de gonfler.

Chargedettedansbudget_3 Pour être encore plus concret : l'Etat consacre 40 Mds€ à rembourser les seuls intérêts de la dette. Soit 5 Mds de + que les budgets de sécurité, justice, transport, ville et logement cumulés !

Trop compliqué ?

Lire la suite "A l'insu de notre plein gré?" »

09/10/2006

Le syndrome du Titanic

Titanic2 Le fameux « modèle social » français prend eau de toutes parts. Comme le Titanic, nous le croyions insubmersible, mais il est en train de couler. Nous continuons à en vanter les mérites, en chantant gaillardement sur le pont, juste avant qu’il ne bascule dans les abysses. Comme sur le plus beau paquebot du monde, chacun, inconscient de l’urgence, veut continuer à garder ses acquis, ses avantages, ses prébendes. On commence seulement à mettre à l’eau les chaloupes des premières classes (les assurances privées), pour les autres, on verra plus tard ... Poursuivons la métaphore. Ce qui est remis en cause, ce n’est pas la qualité des prestations délivrées par le Titanic pour ses passagers, pas plus que la qualité intrinsèque de notre système de protection sociale pour ses usagers, c’est la manière dont l’un et l’autre ont été conduits, gérés, organisés pour faire face à la réalité. D’un côté un iceberg, de l’autre la mondialisation et ses conséquences.

C’est précisément parce que nous voulons garder un haut niveau de protection sociale que nous devons admettre que ses modes de gestion et de financement ne sont plus tenables. Les trois grands icebergs sur lesquels elle risque d’achopper, nous savons où ils se trouvent, nous n’avons même pas l’excuse d’être surpris de leur présence dans les eaux internationales que nous traversons :

  • Le chômage est un gouffre financier puisqu’il augmente les dépenses et diminue les recettes mais c’est surtout un fardeau qui pèse sur le moral des français et les entraîne dans une spirale négative
  • Le déficit structurel de la Sécurité Sociale ne trouve pas de solution
  • Le financement des retraites, malgré la récente réforme, va très prochainement redevenir un problème

Et l’océan sur lequel dérivent ces icebergs, c’est la dette publique…Nous ne pouvons plus continuer comme ça. Le naufrage du Titanic a symbolisé la fin d’un monde de castes, c’était en 1912, à la veille de la Grande Guerre. N’attendons pas que la disparition de notre Sécurité Sociale marque la fin d’une société protectrice et le retour de la loi de la jungle. C’est pourtant ce qui risque de se passer si nous ne parvenons pas à engager les réformes nécessaires. Si nous maintenons le système en l’état en procédant par replâtrages, nous savons très bien que nous allons droit dans le mur (de glace !). Face aux besoins sociaux qui ne cessent de croître, la seule issue sera de taxer encore plus le travail, donc de faire baisser notre compétitivité, d’encourager les délocalisations, d’augmenter le chômage, ce qui diminuera les cotisations sociales. Cercle vicieux qui nous mène à la catastrophe. Comme nos entreprises aujourd’hui, nos sociétés développées ne peuvent s’en sortir que par l’innovation. Les réformes sont possibles dès lors qu’elles sont menées avec une méthode juste, fondée sur l’écoute, le respect des partenaires, la concertation, l’ouverture intellectuelle, du temps, un peu de courage et beaucoup de pédagogie. En tant que chef d’entreprise, j’en fait quotidiennement l’expérience : les seuls changements efficaces sont ceux que nos salariés ont eu la possibilité de s’approprier et dont ils perçoivent clairement l’intérêt pour eux-mêmes et pour la collectivité.

Si on veut sauver notre modèle social dans son intégralité, comment lui redonner une nouvelle vigueur, le re-former, pour conserver ce qu’il a de meilleur et éliminer ce qui le grippe. Il suffirait tout simplement, de faire tourner à l’envers le cercle vicieux décrit plus haut pour qu’il devienne vertueux. En taxant moins le travail, au contraire de ce qui se passe aujourd’hui, on rend son coût plus compétitif par rapport à celui des pays concurrents. Une meilleure compétitivité dynamise nos entreprises qui peuvent produire plus, innover, vendre plus et créer des emplois nouveaux. La résorption du chômage dope parallèlement la consommation ce qui renforce le marché intérieur. Mais on ne doit évidemment pas se contenter de revendiquer classiquement une baisse des charges sociales sans proposer de remplacer les ressources qu’elles procuraient. La seule solution efficace et juste, c’est d’élargir la base de financement de la protection sociale. Cela paraît d’autant plus nécessaire et logique que le champ de cette protection dépasse désormais largement celui du travail. Est-ce à l’entreprise, par exemple, de prendre presque totalement en charge le coût du vieillissement de la population (santé et retraites) quand elle devrait se consacrer au développement de l’activité et de l’emploi ? N’est-ce pas plutôt à la collectivité dans son ensemble ?

Pourquoi ne pas instaurer une « contribution sociale sur la consommation » comme le propose le Centre des Jeunes Dirigeants d’Entreprises qui a largement inspiré cette contribution. Non, je n’ai pas la prétention de croire qu’il s’agit d’une solution miracle. Son plus grand mérite est de nous conduire à réfléchir autrement aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. C’est le début d’une bonne réforme.

Le Titanic était perdu d’avance. N’aurait-il pas fait naufrage qu’il aurait été coulé quelques années plus tard par la concurrence des avions. Il était une réponse ancienne à des besoins de transports en plein développement. Notre Sécurité Sociale est perdue si elle n’est pas capable d’anticiper les immenses besoins sanitaires et sociaux de demain et d’y apporter des réponses innovantes. Il s’agit, en définitive, d’un choix de société.

Mais cependant, jusqu’ici, tout va bien …

Son et lumière

Les commentaires récents

Les notes récentes